Conseillère Dominique Parent

Conseillère Dominique Parent

mercredi 23 octobre 2013

Chronique d'une conseillère en campagne et d'une cinéaste

Peter Aiken et Jeff Eastman
Chemin Eastman, début des années 1940

Chronique d'une conseillère en campagne et d'une cinéaste

"Si tu restes debout et que tu résistes, il vont t'haïr mais il vont t'appeler Monsieur." (Pierre Falardeau) ... ou "Madame" ? C'est parfois ainsi qu'on se sent durant une campagne électorale, par moments, comme un combattant. Heureusement, il y a ceux qu'on rencontre au hasard du chemin, comme cet après-midi, en posant toute seule une affiche sur un poteau le long d'une rue à peu près déserte. Alors qu'un pick-up s'arrête, que son conducteur me reconnaît et qu'il me dit sans hésiter: "Bravo de te présenter comme indépendante: on en a marre des partis." "We want people that can stand up for their own ideas"... "On va voter au mérite des individus." Merci Mike, merci Gérard, merci aux deux madames de Sutton Junction que je ne connaissais pas et qui m'ont accueillie avec leur franc sourire et leurs encouragements.

Ces encouragements sont sincères, je le sais. Lorsque nous sommes arrivés ici à Glen Sutton il y a plus de trente ans. On nous a accueillis comme si nous faisions partie de la communauté. On nous a invités dans les partys et les mariages, on nous a aidés quand on avait un pépin, on nous a donné des conseils. Il n'y avait pas de différence entre nous et ceux nés ici. Entre ceux qui parlaient français et ceux qui parlaient anglais. On nous a fait découvrir le territoire. On nous a fait voir des coins secrets.

Et nous, nous avons tâché d'écouter ceux qui voulaient bien nous raconter leurs histoires.  En s'imprégnant de leur bonne humeur et de leur hospitalité. Ici, la vie n'était pas compliquée. On se saluait quand on se voyait. Et même si durant de longues périodes on ne se voyait pas, on était toujours contents de se retrouver. Chacun menait sa vie dans la discrétion et dans le respect de l'autre. 

Ces gens-là, je les ai aimés. Si bien qu'un jour, j'ai voulu faire un film qui parle de ce coin de pays mais qui parle aussi d'eux. Ce film, Le galet déconcertant, raconte mon attachement à ce territoire et en partie ma motivation à me représenter comme conseillère municipale. Évidemment, depuis le temps où je me suis installée ici, les choses ont changé: les taxes ont augmentés, la région est plus convoitée, l'écart entre les riches et les pauvres s'accentue. La population vieillit sans se renouveler. Autour de moi, je vois bien qu'on pose des clôtures. Que la vie des quelques fermiers qui restent est difficile. Que Sutton est de plus en plus inaccessible pour les jeunes familles. C'est sur toutes ces questions qu'il faut travailler. Et c'est le 3 novembre qu'on décidera tous ensemble qui va s'en occuper.

Le galet déconcertant lui, on pourra encore le voir le 20 novembre à 19 h 30 au Centre culturel St-John à Bromont.




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